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Article de l'IPBES - les solutions pour mettre fin à la dégradation des terres - Février 2020

Le 10 février 2020, l'IPBES (Intergovernmental science policy Plaform on Biodiversity and Ecosystem Services) publiait un article en anglais intéressant sur les raisons et les solutions à la dégradation des terres. Résumé en français ici.

2021 est l’année de départ de la Décennie sur la Restauration de l’Ecosystème de l'ONU. L’IPBES revient dans cet article sur les raisons majeures de l’échec de la protection des terres au niveau mondial et présente dix solutions pour les surmonter.

Comment mettre fin au déclin global des terres ?

La domination de l’Homme sur les ressources naturelles et les terres n’a cessé d’augmenté depuis le siècle dernier, altérant les processus écologiques naturels de ¾ des surfaces de terre. Les espèces sauvages ont diminué et l’extinction d’espèces est plus fréquente que l’évolution naturelle d’une espèce. La dégradation des terres impacte négativement 2/5 de la population terrestre, dont principalement les groupes vulnérables, indigènes et communautés marginalisées.

Les interrelations entre la dégradation des terres, le changement climatique et la perte de la biodiversité ne sont plus à démontrer. Pour autant, la protection et la restauration des terres est encore de nos jours freinées par des phénomènes expliqués plus en détail. 

Cinq raisons de l’échec de la protection et restauration des terres :

- la relation qu’on entretient avec la terre et sa perception est différente en fonction des individus (les personnes qui souffrent des conséquences sévères de la dégradation des terres perçoivent la terre différemment de ceux qui consomment de façon indirecte le produit de ces terres).

- Il n’y a que des accords mineurs sur les moyens standards pour mesurer la dégradation des terres, diminuant considérablement l’estimation et l’étendu de la gravité de la dégradation dans certaines zones.

- l’invisibilité de la dégradation des terres est aussi due à la déconnexion entre les causes et conséquences : les résultats de la consommation des individus sur les terres ne sont pas visibles directement (dans l’espace et dans le temps).

- la dégradation des terres est multifactorielle – naturelle, culturelle, démographique, économique, technologique et politique – et donc difficile à aborder.

- l’impact assez faible des institutions et de leurs compétences et motivations. Il existe dans la plupart des pays des politiques de protection des terres, mais qui sont souvent ignorées, contradictoires ou encore rigides. Peu de pays ont des corps judiciaires compétents en matière de protection et renforcement des terres.

10 solutions pour contrecarrer ces 5 raisons de la dégradation des terres :

- reconnaître que les bénéfices d’une terre en bonne santé et productive sont un bien commun

- mettre en place des cibles claires, quantifiables et juridiquement contraignantes pour assurer le suivi des politiques de préservation et restauration des terres à l’urgence du problème

-un suivi constant des données collectées et évaluées sur l’état des terres

- promouvoir les actions locales pour contrer la dégradation des terres sur ces territoires

- Développer une source de connaissances pas seulement basée sur la science mais sur tous les savoirs actuels

- avoir une vision globale des bénéfices et coûts avant de prendre une décision qui impactera les terres

- diminuer la demande humaine pour les services fournis par les terres, donc adopter les styles de vie utilisant moins de terres comme le régime végétarien à préférer au régime carné

- encourager les commerces responsables et la consommation responsable, en informant les citoyens de l’effet de leur consommation sur les terres

- renforcer les institutions judiciaires pour les actions environnementales des citoyens, comme reconnaître le droit des futures générations ou encore le droit intrinsèque à la nature d’exister

- ré-évaluer ce que signifie « bien vivre » : accroître sa consommation est-ce bien vivre ? Il existe des alternatives permettant de repenser une relation durable entre l’Homme et les terres

L’article appelle enfin au rôle important du secteur privé et public, des citoyens, des décideurs, des scientifiques et des organisations civiles dans la protection et la restauration des terres.

 « Ensemble ces actions peuvent faire de cette Décennie pour la Restauration Ecologique de l’ONU un tournant historique et pas seulement un sujet de discussion : beaucoup en dépend. »

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