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Le Monde - Changement climatique et pression démographique, terreau de la violence au Sahel

Le 11 avril dernier, le Monde a publié un article rédigé par Laurence Caramel: "Changement climatique et pression démographique, terreau de la violence au Sahel"

Dans cet article, l'auteur montre comment la carte de l'insécurité et de la faim se superposent de plus en plus, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Ainsi, malgré les assez bons résultats sur le plan agricole et en matière de sécurité alimentaire rapportés lors de la réunion du Réseau de prévention des crises alimentaires (RCPA) le 4 avril dernier, des inquiétudes persistent. Les conflits persistants se mettent dans le chemin de la sécurité alimentaire: ainsi, au Mali le 23 mars dernier, 160 personnes ont été tuées dans une attaque qui s'inscrit dans le conflit entre les Dogon et les Peuls. Un Peul ne peut plus circuler librement au Burkina Faso ou au Mali. Les groupuscules armés empêchent l'accès aux pâturages ou rendent impossible le travail des agriculteurs aux champs. La coexistence est de plus en plus difficile dans ces sociétés agro-pastorales.

Cette crise a des racines profondes: la radicalisation à l'origine de ces conflits est liée au dérèglement climatique, à la croissance démographique non maîtrisée et à la raréfaction des ressources naturelles qui en découle. Gilles Chevalier, coordonnateur du groupe des Nations unies sur la résilience en Afrique de l’Ouest a piloté une étude dans la région Liptako-Gourma: dans cette région, tous les indicateurs sont au rouge. La population, pauvre, est touchée par une insécurité alimentaire croissante, et des épisodes de sécheresse récurrents auxquels elle est particulièrement vulnérable. En parallèle, malgré une difficulté à se nourrir, la population ne cesse de s'élargir: cela pousse la population a tenter d'acquérir de nouvelles terres qui sont exploitées de manière peu productive

« La raréfaction de l’eau et des ressources fourragères, la diminution des aires de pâturage liée à l’expansion des terres agricoles et l’insécurité grandissante, accroissent la vulnérabilité des populations pastorales et contribuent à alimenter les tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs», conclut l’étude réalisée, selon Gilles Chevalier.

Pour contrer la montée de ces tensions, plusieurs actions sont en cours: à l'échelle régionale, mais aussi à travers des ONGs, comme Action contre la Faim qui travaille sur un système pour informer les éleveurs par SMS des meilleurs parcours pour les troupeaux en fonction de l'état des pâturages et des conditions climatiques observées. La mutuelle panafricaine African Risk Capacity travaille sur des systèmes d'assurances qui protègeraient les éleveurs des risques liés au changement climatique. 

En attendant, de nombreux pasteurs préfèrent se diriger vers les régions côtières. 

(image: Le Monde)

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