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Production de compost et champignons du sol: l'horticulture burkinabaise à la pointe des technologies

À Fada au Burkina Faso, un projet qui promeut l’utilisation des champignons du sol comme auxiliaires de production et améliore les revenus. Le groupe de femmes spécialisé en compostage et d'horticulteurs Bio prend de l'élan.
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Le projet innovant est le fruit d’une collaboration entre une entreprise de recherche –développement Français, BIOPHYTEC[1], une organisation civile, ARFA, au Burkina Faso[2] ,ainsi que de deux instituts de recherche, IRD[3], en France et l’INERA[4], au Burkina Faso. De cette collaboration est né, en 2011, une entreprise burkinabaise, Bioprotect [5], grâce à un financement PAEPARD[6] d’un montant de 250 000 euros partagé entre les 5 organisations sur 3 ans.  Bioprotect produit et vend  de l’inoculum de Trichoderma, entre autres, et apporte une aide à la production et la commercialisation du compost amélioré.

Les principaux clients pour l’inoculum sont des femmes qui travaillent dans un centre de compostage, l’utilisant pour produire un compost amélioré. Le centre de compostage a été établi par un groupement de femmes dont le but premier était de fournir du compost pour leurs époux horticulteurs. Elles se sont mobilisées pour obtenir l’usage des terres villageoises, ainsi que des subventions et microcrédits pour installer un puits et acheter certains matériaux. L’unité de compostage est gérée par une trentaine de collaborateurs (90% femmes). Chaque collaborateur dispose d’un espace individuel pour faire son compost. Ces femmes ont bénéficié d’une formation sur l’utilisation de l’inoculum pour le compostage. Elles achètent l’inoculum et vendent leur compost amélioré aux producteurs bio locaux. Ainsi, environ 75% du compost est vendu directement par les femmes, et Bioprotect se charge de la commercialisation du reste.

ARFA a assuré la formation directe de plus de 200 agriculteurs à l’utilisation du compost, et estime qu’environ 4000 agriculteurs en ont bénéficié indirectement. Une dynamique a été créée. De nouveaux centres de compostage sont en cours de montage. Le directeur de Bioprotect,  Claude Arsène Savadogo, envisage l’établissement de 5 unités rurales de compostage dans un avenir proche.

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L’intérêt de ce compost pour les maraîchers se trouve dans l’augmentation de revenu qu’il apporte. En effet, la production est en général augmentée d’environ 15.5%, mais peut aller jusqu’à 30% pour les tomates et oignons. La qualité des légumes serait améliorée, ce qui facilite la vente, et les coûts de production sont réduits d’environ 17%. Le résultat est une augmentation de revenu aux alentours de 22.5%  pour les agriculteurs.

Le produit vendu par Bioprotect est d’une formulation solide, issu d’une recherche faite sur place et de la sélection des souches de Trichoderma isolées du sol burkinabé. Parmi dix souches testées, une a été retenue pour ses capacités à protéger les plantules des maladies - telle que la fonte des semis - et à améliorer la production. Les mécanismes par lesquels  le champignon agit sont physiques et chimiques. Il enveloppe les racines, créant une barrière aux pathogènes, mais aussi améliore la nutrition de la plante, en apportant des éléments nutritifs (surtout du phosphate) sous forme assimilable, amenés par [7]son réseau extensif d’hyphes dans le sol.

Le succès de ce projet repose sur les expertises spécifiques des partenaires, en France et au Burkina Faso, capables de livrer un produit de qualité et une formation adaptée. La renommée d’ARFA lui permet d’obtenir des subsides pour les formations, au bénéfice des agriculteurs pauvres. Les avantages du compost étant connus localement et le marché de l’inoculum croissant, le futur de Bioprotect devrait être assuré. Cependant, il aurait été difficile de concrétiser le montage du projet sans l’apport de finance PAEPARD. Aujourd’hui, afin de permettre à Bioprotect d’être autonome sur la production et le contrôle de la qualité de l’inoculum, il a besoin de monter un petit laboratoire au Burkina. Pour ce faire Bioprotect-B aurait besoin de nouveaux investissements.

mars 2017 -Lynn Erselius, Bénévole CARI

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[1] Biophytech : http://biophytech.fr/

[2] Association pour la Recherche et la Formation en Agroécologie : www.ongarfa.org

[3] Institut de la Recherche pour le Développement : www.ird.fr

[4] Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles : www.inera.bf

[5] www.bioprotect-b.com/

[6]  Reserch for Development http://paepard.org

 

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