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Projet terrain

Construction d'une ferme pilote en agroécologie

Dans le sud Maroc, le CARI est engagé depuis 2006 dans la sauvegarde et la préservation des oasis pour lutter contre la pauvreté via le développement de techniques agroécologiques. Depuis 2012, l’association a mis en place un projet de sauvegarde de l’oasis de Jorf. Ce projet a duré quatre années et s’est déroulé en deux phases (la première de septembre 2012 à 2014 et la deuxième de décembre 2014 à mars 2016), sur trois zones d’action. Une première zone constituée de la palmeraie de Jorf et comprenant la ferme partenaire et les voisins, une deuxième zone comprenant les palmeraies limitrophes de Fezna, Achoria, Anabou, Bouya et Lakhiere et une dernière zone incluant les sites au-delà de l’oasis de Jorf.

Contexte et problématique de l'oasis de Jorf

Jorf est une oasis marocaine située dans la plaine subdésertique du Tafilalet, au sud de la ville d’Errachidia. Cette zone aride est caractérisée par une très faible pluviométrie (entre 50 et 150 mm par an) et des températures oscillant entre 0 et 50°C. La disparition progressive des conditions favorables à l’exploitation agricole des oasis entraine pour les populations locales une dégradation du milieu et une baisse des revenus devenue aujourd’hui problématique. L’oasis de Jorf, alors fragilisée et menacée par le déficit hydrique et l'ensablement, reste néanmoins une oasis pleine de vie, avec une forte production agricole et des associations locales dynamiques. Sa préservation et son développement sont essentiels.

Le projet

Le projet s’est déroulé en deux phases réalisées successivement. La première concernait l’appui à une ferme existante d’un agriculteur partenaire, pour qu’elle devienne un espace de démonstration et de diffusion de ces pratiques.

Lors de ces deux premières années, le travail réalisé a permis de faire évoluer le lieu de production vers des pratiques agroécologiques. Les accompagnements réalisés par l’équipe technique du CARI et d’autres intervenants extérieurs ont porté en partie, sur la gestion de la fertilité des sols, les pratiques maraîchères, la lutte phytosanitaire naturelle, l’arboriculture, l’équipement en énergie solaire et en outils de traction animale pour le travail du sol.

Les formations ont eu lieu en partie sur la ferme. En parallèle, l’agriculteur partenaire a réalisé certaines d’entre elles à destination d’autres agriculteurs. Il a également accueilli étudiants, universitaires, lycéens et médias sur cette « ferme école », pour diffuser plus largement les principes de l’agroécologie. Ces formations ont abordé des sujets divers tels que la taille de l’olivier, la gestion des rotations, la préparation de pesticides naturels et l’utilisation des plantes médicinales et aromatiques (PAM), la traction animale et l’utilisation de la kassine (porte outil polyvalent destiné à travailler la terre grâce à la traction animal), la conservation et la multiplication des semences ou encore les principes de l’agroécologie.

La deuxième phase s’installe dans la continuité de la première en se basant sur la ferme et les acquis de l’agriculteur partenaire pour diffuser plus largement les notions d’une agriculture écologique.

Les activités ont donc eu pour ambition de continuer la tenue de formations sur la ferme partenaire, d’appuyer les agriculteurs proches du projet constituant un noyau porteur des démarches agroécologiques, d’étendre la zone d’action du projet grâce au partenariat avec l’AOFEP, point focal marocain du RADDO (dont le CARI est coordinateur) et avec l’AJADD, nouvelle association pour le développement durable de Jorf.

D’autres thèmes ont été abordés au cours des formations comme l’apiculture, la culture du palmier-dattier en agroécologie, la conduite d’un élevage ovin, certaines techniques de maraîchage et le fonctionnement d’une coopérative. La zone d’action a également été étendue : les agriculteurs d’Aït Saïd, de Figuig, d’Izilf, d’El khorbat el bour, de Fezna et du village de Taghia ont ainsi pu bénéficier des formations.

Depuis 2012, ce projet a été réalisé grâce au soutien de :

Travail de méthodologie sur la transition agroécologique

Le projet a ainsi pu véritablement contribuer à l’émergence de nouvelles pratiques au sein de l’oasis de Jorf et plus largement diffuser la notion d’agroécologie dans plusieurs lieux de la région. Ce sont 36 sessions de formation qui ont été délivrées tout au long de ce projet et qui ont touché plus de 400 personnes avec un niveau de satisfaction élevé (supérieur à 7/10 pour l’ensemble des formations). Dans la continuité de ce projet, un travail de méthodologie pour l’accompagnement à la transition en agroécologie oasienne a débuté. Ce travail se fonde sur l’expérience du projet Jorf, mais également sur l’expérience du CARI dans d’autres régions oasiennes. Il a pour finalité un guide d’accompagnement à la transition agroécologique accompagné d’outils techniques ainsi que d’une collection de fiches techniques à destination des équipes CARI, formateurs et des agriculteurs associés à ces démarches.

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