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Compte-rendu de l'atelier national D’a 2022 en Inde

Le samedi 26 mars 2002 s’est tenu à Jaipur l’atelier national indien dans le cadre des activités de Désertif’actions 2022, et en prélude à la COP15 de la CNULCD (mai 2022, Abidjan, Côte d’Ivoire), autour de la thématique : « Des solutions agroécologiques pour lutter contre la désertification et inspirer la transition vers des systèmes alimentaires durables ».

Le samedi 26 mars 2022 s’est tenu à Jaipur l’atelier national indien dans le cadre des activités de Désertif’actions 2022, en prélude à la COP15 de la CNULCD (mai 2022, Abidjan, Côte d’Ivoire) et au sommet international Désertif’actions (octobre 2022, Montpellier, France). Est ainsi progressivement en train de se construire un plaidoyer commun de la société civile internationale sur les liens entre terre, biodiversité et climat autour de l’agroécologie.

Cet atelier a été coordonné par le CARI et Gram Bharati Samiti (GBS), partenaire indien du projet AVACLIM. Trente-cinq personnes originaires de 9 Etats différents y ont participé, dont des agriculteurs, des membres de la société civile ainsi que des chercheurs. Les participants ont décidé de se concentrer sur la thématique de la sécheresse.

Ce ne sont pas moins de 30% des terres du sous-continent qui sont aujourd’hui dégradées, soit près de 100 millions d’hectares, dans un pays où les 2/3 de la population tirent leurs revenus de l’agriculture. Les sécheresses et inondations y sont fréquentes, et le secteur agricole est déjà durement touché par cette variabilité climatique. A l’horizon 2030, l’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé du monde, et aura besoin de produire 100 million de tonnes de céréales alimentaires supplémentaires pour nourrir une population toujours plus nombreuse.

Si l’agroécologie constitue la base scientifique des anciennes pratiques agricoles indiennes, il n’existe pas aujourd’hui de statistique précise sur la proportion de terres cultivées selon ces pratiques. Une étude de 2020 de l’International Federation of Organic Agriculture Movements précise toutefois que l’Inde est le pays dans lequel le nombre d’agriculteurs en bio est le plus élevé. En 2016, l’Etat de Sikkim a même été déclaré « 100% bio ». Or seuls 7,5% des ventes de ces produits issus de l’agriculture biologique sont destinées au marché intérieur, notamment du fait d’une demande extérieure élevée, notamment dans les pays européens. Face à la crise agraire, les producteurs locaux ont identifié l’opportunité que constitue la connexion aux marchés locaux, entrainant par conséquent un renforcement de la sécurité alimentaire sur place. Le samedi 14 mai 2022, le premier ministre indien a même interdit l’exportation du blé indien, et ce pour tenter de contenir l’envolée des prix et d’assurer la sécurité alimentaire du pays.

La sécheresse constitue un problème important et sensible en Inde. La variabilité des précipitations (faibles ou extrême en fonction de la géographie), la rareté des installations d’irrigation (y compris les ressources en eau), les mauvaises récoltes et les problèmes liés à la productivité, la pénurie de carburant, de fourrage et d’aliments pour animaux, ne font qu’aggraver un stress hydrique déjà élevé. Sur les 742 districts que compte le pays, 246 d’entre eux (33%) sont d’ores et déjà confrontés à ce défi majeur qu’est la sécheresse.

Différents programmes et initiatives de lutte contre la sécheresse ont été déployés ces dernières années par les organisations locales, notamment le programme Bhubaneshwar Odisha de la Udyama and Nirman Foundation, consistant en la promotion de pratiques agricoles résistantes à la sécheresse auprès de 2200 fermiers de deux districts, dont la culture de millets, la culture mixte du paddy etc. Une autre initiative, nommée Vaagdhaara, actuellement développée au Rajasthan, consiste en l’établissement de plan de gestion des catastrophes naturelles, ainsi qu’en la mise en place de programmes de développement du désert, de développement de l’agriculture pluviale, ainsi que de plans de gestion des bassins versants.

L’agroécologie s’avère pertinente à plusieurs égards pour relever le défi de la sécheresse, de par :

  • L’utilisation de plantes plus résistantes au climat, qui demandent par conséquent moins d’eau
  • Une gestion responsable et adaptée des ressources en eau, permettant aux communautés locales de mieux collecter les ressources disponibles (par des techniques de récupération de l'eau, des bassins locaux, des barrages de retenue, le recyclage des eaux grises...)
  • Une couverture constante des sols par des prairies, des cultures ou des paillages, permettant d'éviter l'érosion des sols et de retenir l'eau en situation sèche
  • Une meilleure utilisation des ressources et des produits dérivés, d’où une meilleure résilience globale du système à des situations extrêmes telles que la sécheresse.

En réduisant la dépendance extérieure, l'agroécologie permet une meilleure résilience de la communauté locale en cas d'événement inattendu (sécheresse, fluctuations des marchés, etc.), qui aurait un impact sur l'approvisionnement. Elle est également un moyen de fournir une alimentation saine et en grande quantité pour les populations locales, y compris en situation de sécheresse. Elle permet par conséquent de lutter contre la faim et la malnutrition, en particulier dans les zones sèches.

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