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Retour de mission au Sénégal

Maryline Darmaun, thésarde dans le cadre du projet Avaclim, revient sur ses sept semaines de mise en pratique de la méthode scientifique d'évaluation des initiatives agroécologiques qu'elle a contribué à développer.

Pourquoi es-tu allée au Sénégal ?
Je suis allée au Sénégal dans le cadre de ma thèse que je réalise au sein d’Avaclim. Je suis basée dans le laboratoire de recherche « UME Innovation » de l’école SupAgro de Montpellier et employée par le CARI, ONG coordinatrice d’Avaclim. Le but de cette mission : réaliser enfin le premier terrain de ma thèse.

Peux-tu revenir sur le cadre du projet d’Avaclim ?
L’objectif est d’approfondir les connaissances sur les initiatives agroécologiques. On parle beaucoup d’agroécologie, il manque parfois du concret à ces discussions. La composante recherche répond aux questions : Quelles sont ces initiatives agroécologiques ? Qu’est-ce-qui les caractérise ? Quels sont leurs effets ? Pourquoi cela fonctionne ou non ? Si oui dans quelles conditions ?

Quatre composantes constituent Avaclim. La composante 1 a pour but de brasser et partager les connaissances autour des initiatives agroécologiques. Moi je travaille dans le cadre de ma thèse sur la deuxième composante, celle de recherche. On développe une méthodologie afin de rendre compte des effets multi-dimensionnels d’initiatives de transitions agroécologiques. Elle est mise à l’épreuve et enrichie sur le terrain dans les sept pays du projet. Ce que j'ai fait au Sénégal dans cette mission. Les résultats scientifiques sur les potentiels de la transition agroécologique nourrissent la composante 3 qui est celle du plaidoyer et la composante 4, de la communication.

Est-ce qu’un autre des sept pays d’Avaclim aurait pu faire l’objet d’une telle étude ?
Tous les pays mettent en œuvre cette même méthodologie. Un autre pays aurait pu être choisi, mais un seul uniquement. Faire un suivi aussi large qu’au Sénégal, même dans le cadre d’une thèse, c’est très chronophage. Il y a beaucoup de recherches sur le terrain et de réflexions qui sont nécessaires en amont de la mission. Je ne peux pas faire le même travail. Heureusement les partenaires scientifiques des autres pays mettent également à l'épreuve la méthodologie sur leur terrain.

En quoi le Sénégal était le terrain le plus pertinent ?
Ayant eu la chance de travailler avec les collègues d'Enda Pronat, je connaissais déjà un peu le contexte. C'est pour cela que l'on a choisi ce pays. Et lorsque j’étais à la FAO, on avait collaboré avec l’ISRA, le partenaire recherche au Sénégal d’Avaclim.

Quelles sont les initiatives évaluées ?
Je suis partie pour évaluer les deux initiatives choisie pour cela. La première au village de Sare Boubou, dans la commune de Koussanar, située au sud-est. Dans celle-ci on procède à une analyse d’une transition agroécologique à l’échelle d’un village. On a fait un focus sur 9 exploitations.     
 et est située au nord-est du pays. C’est une ferme collective où 14 personnes travaillent avec en plus des étudiants puisqu’il y a une centre de formation. J’ai alterné entre déplacements sur les terrains et retours à Dakar pour les bilans et la planification.

As-tu eu des difficultés à tester la méthodologie d’évaluation ?
Il y a eu une bonne et une mauvaise surprise. La bonne c'est au sujet de la réception de la méthode par nos partenaires au Sénégal. Si elle paraissait complexe au départ lors des échanges virtuels, en la travaillant ensemble sur le terrain, on s'est rendu compte que ce n’était pas si sorcier. Il faut dire que c’est une évaluation très holistique, qui aborde pleins de sujets différents, de la santé des sols à la qualité de vie, en passant par les conditions économiques. Une couverture aussi large ne peut se faire en un jour.
Le côté plutôt négatif concerne des éléments plutôt logistique. On a réduit nos ambitions de collecte de données concernant la santé des sols. Le manque de matériel comme la tarière, qui permet de récupérer du sol, a parfois compliqué le travail. Beaucoup de projets nécessitent cet outil et se déroulent en parallèle.

Quels sont tes ressentis concernant la mission ?
C’était merveilleux pour moi de concrétiser un travail d’un an. Avec le Covid-19, ce n’était pas possible de partir donc c’était très stimulant d’être enfin sur le terrain avec les collègues. On n’a pas arrêté pendant un mois et demi. J’ai aussi énormément appris sur la contextualisation de l’outil.

Seras-tu amenée à y retourner ?
Oui en novembre 2021 pour organiser des ateliers au sein des deux initiatives, afin de partager les premiers résultats et les enrichir des retours des participants à la collecte des données.

Quand est prévu le rendu de ta thèse ?
J’en suis déjà à la moitié ! Le temps file… Le rendu manuscrit est prévu en décembre 2022 pour une soutenance en février 2023, ce qui correspond avec la fin du projet Avaclim.

Pour finir, as-tu une anecdote à partager ?
A Sare Boubou, je me suis fait attaquée par une vache. Au sein du village, les animaux se baladent un peu partout. Une vache me paraissait agressive, apparemment elle ne m’aimait pas. On m’a raconté qu’elle détestait les pantalons. Un jour, lorsque je marchais non loin d’elle avec un collègue, je l’ai vu gratter le sol comme un taureau. Elle était accrochée à un baobab, mais son fil n’a pas tenu et elle s’est mise à me poursuivre ! Sans conséquences heureusement. Cette interaction a fait beaucoup rire le village pendant plusieurs semaines... Et moi je n’ai plus jamais approché la vache !

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