De nos jours, avec la variabilité accrue des précipitations, l’intensification des épisodes de sécheresse ainsi que l’augmentation continue de la demande en eau, la gestion des ressources hydriques s’impose comme l’un des défis important de notre siècle. L’eau ayant plusieurs usages, sa gestion soulève parfois des tensions multiples entre ces derniers à savoir les usages agricoles, domestiques, industriels, écologiques et touristiques, qui se concurrencent souvent sur un même territoire (Callejas Moncaleano et al., 2021 ; Wientjes & Seijger, 2024).
En fait, quand la demande en eau excède l’offre de la ressource surtout en période de pénurie ces usages deviennent source de conflits : entre secteurs, entre acteurs d’un même secteur, entre territoires, et parfois entre échelles de gouvernance.
Ajouté à ces effets non négligeables, le changement climatique agit encore comme un facteur qui multiplie ces tensions, rendant la gestion centralisée ou sectorielle de la ressource de plus en plus inadaptée (Gleick, 2014). Dans ce contexte, l’adoption d’une gestion intégrée apparaît comme un chemin structuré pour prévenir et/ou gérer ces déséquilibres. En se basant sur le dialogue, la concertation entre les usagers, la considération des réalités locales ainsi que des spécificités des bassins versants, cette approche favorise l’anticipation et/ou la gestion des conflits et une meilleure gouvernance juste de la ressource (Molle, 2020 ; Lasserre, 2021).
À travers cette synthèse bibliographique, nous présenterons dans un premier temps la diversité des usages accompagnés des dynamiques conflictuelles qu’elle engendre. Ensuite, nous aborderons la substance d’une telle gestion et ce que cette approche apporte à la gouvernance de la ressource en eau. Nous illustrerons cette perspective à travers deux cas d’étude africains, avant de revenir sur les conditions de réussite et les limites d’une telle approche.
In fine, ce travail vise à justifier en quoi une gestion intégrée et territoriale des ressources en eau peut-elle contribuer à limiter les conflits d’usage en contexte de rareté.