Fin 2024, les trois Conventions de Rio – sur les changements climatiques, la biodiversité et la désertification – ont tenu leurs Conférences des Parties.
En lien avec cet agenda, le CARI, en collaboration avec les ONG Humundi et Iles de Paix, avait publié en septembre 2024 une note de synthèse de la prise en compte de l’agroécologie au sein des trois Conventions de Rio, en vue de nourrir le plaidoyer des organisations de la société civile se rendant aux COP. La rédaction de cette note avait été soutenue par le réseau MINKA International.
Début 2025, la Coalition Agroecologie fait un pas de plus en réalisant une note de bilan de la reconnaissance de l’agroécologie lors des 3 COP (COP16 Biodiversité, COP29 Climat, COP16 Désertification). Le CARI a contribué à la réalisation de cette nouvelle note d’orientation, qui remobilise la synthèse de 2024.
La nouvelle note d’orientation « Agroecology: Connecting People, Land, Climate and Biodiversity» (disponible seulement en anglais) souligne que les négociations au sein des trois conventions de Rio offrent des possibilités importantes de renforcer l’agroécologie dans le cadre de leurs processus respectifs. Les points d’entrée pour intégrer les approches agroécologiques comprennent :
- Les indicateurs du Cadre mondial de suivi de la biodiversité
- L’objectif mondial de la CCNUCC en matière d’adaptation
- Les approches pratiques de mise en œuvre des objectifs stratégiques de la CNULCD.
- La participation accrue des peuples autochtones et des communautés locales, en particulier dans le cadre de la CDB et de la CNULCD.
- Les initiatives des COP sur les systèmes alimentaires.
En vue de la COP30 de la CCNUCC à Belém, la Coalition Agroécologie présente des recommandations concrètes, parmi lesquelles :
- Saisir les opportunités stratégiques : S’engager dans les opportunités qui peuvent se présenter dans le cadre du Programme d’action de Riyad de la CNULCD, des négociations de la CCNUCC sur l’agriculture (SJWA), de l’Objectif mondial sur l’adaptation, de l’Initiative Harmoniya et du Partenariat FAST, ainsi que du processus de soumission de la CDB sur le renforcement de la cohérence des politiques en matière de climat et de biodiversité.
- S’engager avec les gouvernements nationaux et les acteurs non étatiques : soutenir les efforts visant à intégrer des approches transformatrices pour l’agriculture et les systèmes alimentaires, y compris l’agroécologie, dans les processus et documents de planification nationaux.
- Développer des indicateurs standardisés : pour le suivi des transitions agroécologiques qui s’alignent sur les cadres de la CDB, de la CCNUCC et de la CNULD.
- Explorer les mécanismes de financement : émergents de la CDB et de la CCNUCC ainsi que d’autres initiatives qui pourraient être utilisés pour soutenir l’agroécologie.
- Présenter des cas concrets et des preuves économiques : qui illustrent les avantages simultanés des systèmes agroécologiques pour la biodiversité, le climat et la dégradation des terres.
- Favoriser une approche multipartite inclusive : assurant la participation active des communautés sous-représentées, notamment les femmes, les peuples autochtones et les communautés locales, les jeunes, les petits exploitants agricoles et les éleveurs, dans les processus de la COP.
« Depuis 25 ans, le CARI promeut la transition agroécologique comme une opportunité exceptionnelle d’agir de manière systémique, et de soutenir l’engagement de millions de petits et moyens agriculteurs à préserver des patrimoines alimentaires vivants et productifs. La transition agroécologique est l’une des voies prioritaires pour la résilience de l’humanité dans son ensemble face aux chocs à venir. Sa reconnaissance doit être inscrite au plus haut niveau de l’engagement politique. » – Patrice Burger, Président du Conseil d’administration, CARI
Pour en savoir plus sur la Coalition Agroécologie : https://agroecology-coalition.org/