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Retour sur la 4ème édition de la Conférence Intensification Durable

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Retour sur la 4ème édition de la Conférence Intensification Durable

Les 23, 24 et 25 avril derniers, s’est tenue à Dakar la 4ème édition de la Conférence Intensification Durable, axée sur les solutions pour renforcer les résiliences et les adaptations des agricultures du Sahel.

CID2024 : le rendez-vous scientifique de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest

Ce rendez-vous scientifique co-organisé par l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), la Dynamique pour une transition agroécologique au Sénégal (DyTAES) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) vise à rassembler chercheurs, enseignants, étudiants, experts et professionnels afin de partager les derniers résultats scientifiques et échanger sur les défis et les opportunités pour une agriculture durable en Afrique subsaharienne.

La conférence s’est ouverte par un discours du Professeur Daouda Ngom le nouveau ministre de l’Environnement et de la transition écologique du Sénégal. Après avoir rappelé les enjeux de cette conférence, le Professeur Daouda Ngom a invité l’ensemble de la communauté scientifique et des parties prenantes à poursuivre leurs efforts pour approfondir les connaissances actuelles face aux défis environnementaux, climatiques, sanitaires et économiques qui touchent l’Afrique subsaharienne.

La rencontre a été ponctuée par quatre sessions, deux tables rondes et un événement parallèle (side-event).

Transition agroécologique et souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest : ce que dit la société civile

La table ronde, organisée par la DyTAES, a permis d’exposer les réalisations et les avancées sur la transition agroécologique, tout en interrogeant le rôle des politiques et en identifiant les défis pour les transitions agroécologiques. Les panélistes étaient respectivement issus du Fonds international de développement agricole (FIDA), de la DyTAES, du Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR), de l’Union Haguruka des Coopératives Multifilières (UHACOM) et de l’Alliance for food sovereignty in Africa (AFSAfrica). 

Quatre principaux points sont ressortis des échanges :

  • Encourager une étroite collaboration entre les organisations paysannes et les scientifiques ;
  • L’État doit jouer son rôle en soutenant activement la recherche et la formation dans le domaine de l’agroécologie ;
  • Un vrai travail sur la disponibilité des données scientifiques doit être réalisé afin de convaincre les états de soutenir la voie vers la transition agroécologie ;
  • Il est nécessaire de renforcer les mouvements et les initiatives en faveur de l’agroécologie déjà existantes, tels que le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), l’Alliance pour une Agriculture Durable en Afrique de l’Ouest (3AO) ou encore la DyTAES.

La société civile se mobilise pour porter l’intensification durable à l’agenda de la 16ème Conférence des Parties (COP16) de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNULCD)

L’objectif initial de cette table ronde était de préparer les messages clés à porter lors de la COP16, prévue à Riyad du 02 au 13 décembre 2024. A la suite de cet échange, un document de position sera élaboré, en prenant pour base les premiers éléments abordés.

Cette discussion a rassemblé quatre chercheurs issus de l’IRD, du CIRAD et du Think Tank IPAR, deux représentants d’organisations paysannes que sont la Fédération des associations paysannes de la région de Louga (FAPAL) et la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP-M), ainsi que les apports du public.

Chaque panéliste a pu dresser son diagnostic sur l’état des sols et des écosystèmes d’Afrique subsaharienne ainsi que les potentialités existantes. D’une part, tous s’attachent à alerter sur la dégradation des sols, la perte de la biodiversité ainsi que leurs conséquences sur les populations et les écosystèmes. D’autre part, ils sont revenus sur les dynamiques à encourager comme les efforts de collaboration entre la recherche et les producteurs, l’intégration entre les cultures et les élevages, ainsi que sur l’existence de solutions endogènes.

Finalement, les panélistes ont avancé les premières recommandations à porter lors de la COP16 :

  • Il est important de renforcer la collecte et le traitement des données pour avoir une connaissance plus fine de l’état de la dégradation des sols et des écosystèmes ;
  • Il faut adopter une approche collaborative et holistique ;
  • Il est nécessaire de renforcer la coordination entre la recherche, les organisations de producteur, les gouvernements et les autres acteurs de la société civile ;
  • Un travail autour des indicateurs pré-existants doit être réalisé et la question du carbone doit être approfondie ;
  • L’État doit s’engager pleinement à soutenir la recherche et la mise en place de formation sur l’agroécologie ;
  • Les décisions émises lors des COP doivent être retranscrites de manière claire et compréhensible pour l’ensemble des acteurs, et en particulier les producteurs

Cette 4ème édition a réaffirmé que la transition agroécologique est non seulement une voie viable mais essentielle pour assurer les résiliences et la durabilité des agricultures du Sahel. Pour cela, elle doit être soutenue par une collaboration étroite entre tous les acteurs de la recherche, de la société civile, du privé, du gouvernement et des organisations internationales.

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