Les porte-paroles de l’agroécologie : Sibram Sylvie Bonkoungou

Les porte-paroles de l’agroécologie : Sibram Sylvie Bonkoungou

Dans le cadre du « Programme d’actions structurées des acteurs de la Lutte contre la Désertification » (PASS-LCD), le CARI et ses partenaires souhaitent valoriser les femmes et les hommes œuvrant quotidiennement pour la promotion de l’agroécologie au Sahel. Ces porte-paroles de l’agroécologie mènent des actions de plaidoyer à différentes échelles (locale, nationale, internationale) et travaillent auprès des populations locales pour favoriser l’émergence des pratiques agroécologiques et démontrer leur pertinence dans la lutte contre la désertification.

Découvrez l’interview de Sibram Sylvie BONKOUNGOU, responsable technique à Bioprotect au Burkina Faso, cette jeune ingénieure agronome travaille au quotidien pour promouvoir des systèmes agricoles et alimentaires durables, et pour accompagner les practicen·nes de la terre vers une transition agroécologique. Elle réalise actuellement une thèse en agroécologie et production végétale.

Interview de Sibram Sylvie Bonkoungou

À partir de quel moment vous êtes-vous intéressée à l’agroécologie ? Y-a-t-il eu un moment marquant qui a entrainé une prise de conscience ?

Au cours de ma formation professionnelle en agriculture, à travers les cours théoriques en classe et la réalisation de stages dans le domaine agricole avec son importance dans l’économie du pays et les difficultés que rencontre ce secteur : le changement climatique, la dégradation des sols, l’accroissement de la population et les effets néfastes liés à l’utilisation des produits chimiques de synthèse sur l’environnement, le sol, l’homme et les animaux.

Après avoir effectué des stages dans une structure qui œuvre dans la promotion de l’agroécologie, j’ai vite compris qu’il existait un modèle de production agricole qui puisse palier tous ces fléaux cités ci-dessus. Ainsi commencèrent mes luttes.

Qu’est-ce que l’agroécologie pour vous ? Qu’est-ce que cela représente ?

L’agroécologie est une approche globale de l’agriculture qui s’appuie sur les principes écologiques et les savoirs locaux pour concevoir et gérer des systèmes agricoles durables, résilients et équitables. Elle vise à produire de manière respectueuse de l’environnement, tout en assurant la sécurité alimentaire, en valorisant les savoir-faire paysans et en renforçant les liens sociaux et économiques dans les territoires ruraux.

Ce que l’agroécologie représente, c’est bien plus qu’une méthode agricole. Elle incarne un changement de vision de l’agriculture. Au lieu de chercher à produire toujours plus avec des intrants chimiques (engrais, pesticides), l’agroécologie cherche à travailler avec la nature. Elle valorise les équilibres écologiques pour nourrir les sols, protéger les cultures et favoriser la biodiversité.

C’est une reconnaissance des savoirs paysans, elle remet au centre l’expérience et les pratiques locales des agriculteurs, souvent négligées dans l’agriculture industrielle. C’est un engagement social et politique qui défend également la justice sociale. C’est une voie vers la résilience face aux crises : changement climatique, érosion des sols, perte de biodiversité, hausse des prix des intrants.

Pour résumer, l’agroécologie représente un espoir pour une agriculture plus humaine, plus respectueuse de la terre et plus économique pour ceux qui la cultivent.

Au sein de Bioprotect, comment intervenez-vous pour promouvoir l’agroécologie ?

En tant que responsable technique à Bioprotect et étant dans le département de contrôle qualité, formation et organisation du monde rural, je mène avec mes collègues :

  • Des activités de renforcement des capacités techniques des producteurs (femmes, jeunes, hommes) à travers :
    • Des formations sur les bonnes pratiques du maraîchage agroécologique, la fabrication des biofertilisants et biopesticides, etc.
    • La sensibilisation et information sur les effets néfastes liés à l’agro-industrie.
  • La supervision et le contrôle qualité des activités de production végétale et de transformation agroalimentaire;
  • La mise en place des jardins nutritifs dans les écoles;  
  • La mise en place des champs écoles;
  • La recherche scientifique pour des technologies innovantes.

Selon vous, quelles sont les priorités pour assurer une transition agroécologique ?

  • Renforcer les capacités des producteurs ;
  • Créer un cadre politique et juridique favorable ;
  • Assurer un financement dédié et accessible ;
  • Renforcer la recherche action et l’innovation paysanne ;
  • Sécuriser l’accès à la terre et à l’eau ;
  • Développer des circuits de commercialisation équitables ;
  • Fédérer les acteurs et structurer les réseaux.

Comment envisagez-vous le futur de l’agroécologie dans votre pays ?

Le futur de l’agroécologie au Burkina Faso repose sur une vision inclusive, participative et durable. Il nécessite une synergie entre les acteurs.

Informations sur la structure BioProtect

Créé en 2011 au Burkina Faso, BioProtect est un Groupement d’Intérêt Economique (GIE) visant à produire des biopesticides. Son processus de production se base sur des matières premières comme le neem, les plantes aromatiques, l’ail et le piment. La mission de BioProtect est de contribuer au développement de l’agriculture biologique du Burkina Faso via la production et diffusion des méthodes de production de biopesticides pour le contrôle écologique des maladies et ravageurs des cultures.

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