>

COP17 de la CNULCD : le CARI porte à Oulan-Bator les recommandations de Désertif’actions pour des territoires plus résilients face aux sécheresses

COP17 de la CNULCD : le CARI porte à Oulan-Bator les recommandations de Désertif’actions pour des territoires plus résilients face aux sécheresses

Du 17 au 28 août 2026, la communauté internationale s’est réunie à Oulan-Bator, en Mongolie, pour la 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD). Aux côtés de l’Équipe France et d’autres partenaires, le CARI était présent pour contribuer aux échanges et porter les recommandations issues de Désertif’actions 2026, consacrées cette année à la résilience des territoires face aux sécheresses.

Une COP au cœur des enjeux de terres et de sécheresse

La CNULCD est l’une des trois Conventions issues du Sommet de la Terre de Rio, aux côtés de celles sur le climat et la biodiversité. Elle constitue le principal cadre multilatéral consacré à la désertification, à la dégradation des terres et aux sécheresses.

La COP17 a notamment porté sur la restauration des terres, la résilience aux sécheresses, les parcours et le pastoralisme, les systèmes alimentaires, l’eau et le financement de l’action. Organisée en Mongolie durant l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, elle constituait aussi une occasion importante de mieux reconnaître le rôle des systèmes pastoraux.

Porter les messages de Désertif’actions au sein de la COP

La participation du CARI s’inscrivait directement dans la continuité de Désertif’actions 2026, qui a mobilisé près de 1 500 personnes issues d’une cinquantaine de pays : organisations de la société civile, chercheurs, collectivités locales, institutions publiques, etc.

Un message central s’en dégage : si l’on ne peut empêcher les sécheresses, il est possible de réduire les vulnérabilités qui les transforment en catastrophes. Cela implique de passer d’une logique principalement réactive à une approche fondée davantage sur l’anticipation, la prévention et la résilience territoriale.

Les recommandations issues de Désertif’actions appellent notamment à considérer les sécheresses comme un risque systémique, à mieux coordonner les politiques publiques, renforcer la gouvernance multi-acteurs, faciliter l’accès des acteurs locaux aux financements et investir davantage dans la formation et l’accompagnement. Elles s’inscrivent aussi dans une perspective de transition agroécologique des territoires.

Une mobilisation du CARI dans plusieurs espaces de la COP17

Tout au long de la COP, le CARI a présenté et mis en discussion ces recommandations dans plusieurs événements internationaux, parmi lesquels :

  • la session « The Riyadh Action Agenda: Showcasing Delivery by the RAA Community »;
  • le side event « Agroecology as a Tool for Territorial Resilience to Crisis Events »;
  • le side event « From an Invisible Crisis to Collective Action: Communicating about Desertification and Mobilising Solutions »;
  • plusieurs événements organisés ou coorganisés sur le pavillon de l’Équipe France autour de l’agroécologie, de l’eau et de la résilience des territoires face aux sécheresses.

Au-delà de ces interventions, le CARI a poursuivi son engagement en faveur d’une participation renforcée de la société civile et des collectivités territoriales à la CNULCD. Plusieurs partenaires ont ainsi pu participer à la COP17 au sein de sa délégation, notamment des représentants d’organisations de la société civile d’Afrique de l’Est et de collectivités territoriales françaises.

Un bilan contrasté de la COP17

À chaud, le bilan de cette COP apparaît contrasté.

Dès l’ouverture, les États-Unis se sont opposés à l’inscription à l’ordre du jour de plusieurs sujets portant notamment sur les synergies entre Conventions, le genre et la participation de la société civile. Ces points n’ont finalement pas pu être examinés. Pour le CARI, cet épisode constitue une nouvelle illustration de la fragilité actuelle du multilatéralisme et montre à quel point des avancées construites au fil des années peuvent rapidement être remises en cause.

La place accordée à la société civile a également suscité des inquiétudes. Le Panel des OSC a pourtant joué un rôle important pour faciliter leur coordination et leur participation, mais le fait que le point formel consacré à cette participation n’ait pas été discuté constitue un signal préoccupant.

Une forte dynamique autour de la restauration et des financements

La COP17 a confirmé une orientation forte vers la restauration des terres et la mobilisation de financements, notamment privés. Cette dynamique est indispensable au regard des besoins, mais soulève aussi plusieurs questions : comment s’assurer que ces financements atteignent réellement les territoires et les populations les plus vulnérables ? Comment éviter une multiplication de mécanismes complexes qui génèrent des coûts de transaction supplémentaires ? Et comment maintenir au cœur de la Convention sa dimension de développement et de lutte contre la pauvreté?

Parmi les annonces figure notamment le lancement du Drought Resilience Investment Facility (DRIF), plateforme mondiale de financement catalytique dédiée à la résilience à la sécheresse, qui vise à mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars de capitaux publics et privés pour soutenir notamment la sécurité hydrique, l’agriculture durable, les solutions fondées sur la nature et la restauration des terres.

Des avancées pour le pastoralisme et les collectivités

Les parcours et les éleveurs pastoraux ont bénéficié d’une visibilité renforcée, notamment avec le lancement de la Rangelands Flagship Initiative, destinée à accroître les investissements dans la conservation, la gestion durable et la restauration des parcours. L’initiative combine production de connaissances, mobilisation de financements et renforcement institutionnel, avec un portefeuille annoncé de 1,2 milliard de dollars réparti sur 45 projets

Le rôle des collectivités locales et régionales a également été davantage reconnu à travers le Forum des maires et la Déclaration d’Oulan-Bator, qui appelle à une implication plus forte des villes et régions dans le processus de la CNULCD.

Sur la sécheresse, un rendez-vous manqué

C’est probablement sur ce point que le bilan est le plus décevant au regard des messages portés par Désertif’actions.

Malgré l’urgence croissante, les Parties n’ont pas réussi à parvenir à un accord substantiel sur la sécheresse. Le sujet a été renvoyé à la COP18, qui se tiendra en Égypte en 2028.

Pour le CARI et les partenaires de Désertif’actions, il s’agit d’un rendez-vous manqué. Alors que les sécheresses augmentent en fréquence et en intensité dans de nombreux territoires, deux années supplémentaires d’attente apparaissent difficilement compatibles avec les réalités vécues sur le terrain.

Cette issue renforce la nécessité de poursuivre le travail engagé : documenter les solutions, renforcer les alliances entre acteurs et continuer à défendre une approche fondée sur l’anticipation et la réduction des vulnérabilités plutôt que sur la seule gestion de crise.

Le travail continue

La COP17 s’achève donc avec un bilan contrasté : quelques avancées importantes, mais aussi des blocages politiques qui interrogent le fonctionnement du multilatéralisme.

Pour le CARI, Oulan-Bator n’était toutefois qu’une étape. Les analyses et recommandations issues de Désertif’actions 2026 continueront à alimenter le dialogue avec les acteurs des territoires et les décideurs dans la perspective des prochaines échéances de la Convention.

👉 Retrouvez l’ensemble des ressources et recommandations de Désertif’actions 2026 : https://desertif-actions.org/documentation/

Pour aller plus loin

Retrouvez la position complète du CARI et ses quatre priorités pour la suite dans notre communiqué de presse.


Partager l'article

Restez informés et découvrez toutes nos actualités

Voir la(es) fiche(s) ressource(s) liée(s)

Plus de lecture

Articles similaires

13 octobre 2026

Les ultimes activités de la première phase du Projet d’appui aux Initiatives Agroécologiques en Zone Oasienne au Maroc...

30 septembre 2026

Dans le cadre du Programme d’actions structurées des acteurs de la lutte contre la désertification (PASS-LCD), coordonné par...