Après trois années de mise en œuvre, la première phase du Programme d’actions structurées des acteurs de la lutte contre la désertification (PASS-LCD) est arrivée à son terme, le 31 Août 2026.
Mis en œuvre par le CARI et ses partenaires, le programme visait deux objectifs : favoriser une meilleure prise en compte de l’agroécologie dans les politiques publiques et renforcer la reconnaissance de la contribution des organisations de la société civile à la Grande Muraille Verte.
Une évaluation externe a été réalisée par SalvaTerra afin de documenter les progrès accomplis, de rendre compte des résultats du programme et de dégager des recommandations pour ses prochaines phases. Elle s’appuie sur une revue documentaire, une mission au Sénégal ainsi que la consultation de 43 personnes représentant les équipes, les partenaires, les organisations de la société civile et plusieurs acteurs institutionnels.
Une contribution reconnue au plaidoyer pour l’agroécologie
L’évaluation dresse un bilan globalement positif de la composante consacrée au plaidoyer pour l’agroécologie. Elle souligne notamment la pertinence d’une stratégie fondée sur des réseaux déjà structurés et reconnus : le Groupe de travail désertifications (GTD), animé par le CARI, le Réseau Sahel Désertification (ReSaD) et la Dynamique pour une transition agroécologique au Sénégal (DyTAES).
La production de connaissances, les ateliers, les consultations et les espaces de dialogue ont permis aux organisations partenaires de construire et de porter des positions communes, depuis les territoires jusqu’aux instances internationales.
Au Sénégal, les travaux de la DyTAES ont notamment alimenté l’élaboration de la Stratégie nationale de transition agroécologique, adoptée en Conseil des ministres en juin 2026. À l’échelle internationale, le plaidoyer porté par le GTD et ses partenaires a contribué à renforcer la place de l’agroécologie dans les discussions de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification.
La dynamique Désertif’actions est également reconnue comme un levier important pour relier les expériences locales aux débats internationaux, favoriser les échanges entre organisations et construire des recommandations collectives.
Des fondations posées pour renforcer la place de la société civile dans la Grande Muraille Verte
Le PASS-LCD a également permis de mieux documenter la contribution des organisations de la société civile à la Grande Muraille Verte. Les travaux conduits ont notamment recensé et caractérisé 46 organisations sahéliennes engagées dans sa mise en œuvre.
- Retrouver l’article sur les travaux réalisés par la volontaire de solidarité internationale sur sur le volet de l’Initiative de la Grande Muraille Verte
L’atelier régional organisé à Saly en octobre 2025 a constitué une étape importante. Il a réuni des organisations de la société civile et des institutions publiques pour réfléchir à une meilleure reconnaissance des initiatives locales et à leur prise en compte dans le suivi de la Grande Muraille Verte.
L’évaluation souligne néanmoins que la participation des organisations de la société civile à la gouvernance de l’initiative demeure encore insuffisamment formalisée. Leur accès aux financements reste également limité. Les connaissances et propositions élaborées pendant cette première phase constituent donc des fondations qu’il faudra désormais traduire en actions concrètes.
Un partenariat résilient dans un contexte difficile
L’un des principaux acquis du programme réside dans la capacité du CARI et de ses partenaires à maintenir une dynamique régionale malgré l’instabilité politique et la réduction des possibilités de coopération dans plusieurs pays du Sahel.
Le SPONG au Burkina Faso, le CNCOD au Niger et le REFEDE au Mali ont continué à participer aux travaux de capitalisation, aux espaces de gouvernance et à la préparation de Désertif’actions. Cette mobilisation témoigne de la solidité des relations construites sur le long terme autour du Réseau Sahel Désertification.
Préparer la suite du programme
L’évaluation recommande désormais de mieux diffuser les connaissances produites, d’accentuer la pédagogie autour des mécanismes de plaidoyer et de renforcer les liens entre les niveaux territorial, national et international.
Elle invite également le programme à consolider la représentation des organisations de la société civile dans la gouvernance de la Grande Muraille Verte, à renforcer leurs capacités de mobilisation de financements et à intégrer davantage les collectivités territoriales, les jeunes et les enjeux de genre.
La clôture de cette première phase ne marque donc pas la fin de la dynamique engagée. Les résultats obtenus et les enseignements de l’évaluation constituent une base précieuse pour poursuivre la coopération entre les réseaux et renforcer leur capacité d’influence en faveur de l’agroécologie et de la lutte contre la désertification.

